13 Sep
13Sep

"Mesh implant illness", variante de "mesh illness" n'est pas un diagnostic médical officiel. C'est un terme surtout employé par des patientes, patients et certaines littératures pour décrire les problèmes attribués aux implants de filet chirurgicaux («mesh»), en polypropylène le plus souvent. 

Le terme "mesh implant illness" a été calqué sur "breast implant illness" (BII), qui désigne les symptômes attribués aux implants mammaires. C'est le cas voisin le mieux étudié, et il éclaire la question des treillis. On y retrouve des symptômes semblables (fatigue, douleurs articulaires, brouillard cognitif, symptômes pseudo-auto-immuns). Plusieurs études rapportent une amélioration chez une partie des patientes après le retrait des implants. En revanche, les grandes études épidémiologiques n'ont pas établi de lien causal clair avec les maladies auto-immunes. La FDA reconnaît toutefois depuis 2019-2021 que certaines patientes rapportent ces symptômes et l'inclut dans l'information aux patientes.

Ces implants, filet chirurgicaux, servent à traiter les hernies (abdominales, inguinales), l'incontinence urinaire d'effort (bandelettes sous-urétrales) et le prolapsus des organes pelviens (voie vaginale ou haute). La littérature distingue deux catégories.

1. Les complications locales, bien établies

Elles sont reconnues et documentées par de nombreuses études et par les autorités sanitaires :
• douleur chronique, parfois neuropathique (nerf pris dans le filet ou la fibrose).

• rétraction du filet, douleurs pendant les rapports, infection, récidive.

• érosion ou exposition du filet dans le vagin, la vessie ou l'intestin.

• difficulté du retrait, qui est parfois est incomplet et complexe.

Ces données ont eu des conséquences réglementaires (principalement pour les bandelettes trans-vaginales). La FDA a émis des avertissements en 2008 et 2011, puis a arrêté la vente des prothèses transvaginales pour prolapsus aux États-Unis en 2019. Le Royaume-Uni a publié le rapport Cumberlege (First Do No Harm, 2020). L'Australie a mené une enquête sénatoriale en 2018. En France, l'ANSM a restreint ces dispositifs, et les filets pour prolapsus par voie vaginale ont été retirés en 2019. Le problème concerne surtout la chirurgie pelvienne transvaginale. Pour les hernies, les filets prothétiques restent le standard, avec un taux de complications plus faible mais réel, notamment la douleur chronique. Les sociétés scientifiques médicales posent toutefois la question de savoir quel est le rôle joué par les systèmes de fixation des filets utilisés dans certain cas.


2. Les symptômes systémiques, controversés:

Certains patients décrivent fatigue, douleurs articulaires, éruptions cutanées, troubles cognitifs ou tableaux auto-immuns. Plusieurs hypothèses ont été proposées : une réaction inflammatoire chronique au corps étranger, une dégradation ou oxydation du polypropylène, ou le syndrome ASIA (syndrome auto-immun induit par les adjuvants, proposé par Shoenfeld en 2011). Ces hypothèses reposent surtout sur des séries de cas et de petites études sans groupe contrôle. Quelques études de cohorte plus larges n'ont pas montré d'augmentation nette des maladies auto-immunes après la pose de filets. Certains patients s'améliorent après le retrait, mais ces observations restent non contrôlées. Le lien n'est donc ni prouvé ni exclu. Les registres à long terme et les études prospectives manquent encore...


En pratique

Poser toutes les questions nécessaire à votre médecin, chirurgien, avant de prendre la décision d'aller de l'avant pour une chirurgie impliquant la pose d'un filet (avant consentement).

En cas de symptômes après la pose d'un filet (quelque soie l'indication), il vaut mieux consulter un centre expérimenté et spécialisé dans les complications des filets. Par exemple: en France, des centres de référence ont été désignés pour les complication en cas de chirurgie pelvienne (bandelettes). Ces centres peuvent évaluer la situation par imagerie et examen clinique, et discuter d'un éventuel retrait. Le retrait comporte lui-même des risques à ne pas négliger.